APRES LE VOTE DU BUDGET DU CONSEIL GENERAL, LA MOBILISATION NATIONALE DOIT S'AMPLIFIER POUR DES ALTERNATIVES A L'AUSTERITE

Publié le par Hervé Bramy

Ce 21 mars dernier, nous nous sommes réunis pour examiner le budget du Conseil général de la Seine-Saint-Denis. Ce vote du budget intervient dans un contexte de crise exacerbée en France et en Europe, auquel l’Etat fait face en mettant en œuvre une politique d’austérité sans précédent. Seuls comptent les exigences de réduction des dépenses publiques et le refus de mobiliser les richesses aujourd'hui accaparées par une minorité.

 

La Seine-Saint-Denis est fragilisée par des années de pouvoir Sarkozy et son refus de prendre en considération la situation et les réalités de ce département. Sa population continue d’être abandonnée aux logiques meurtrières de rentabilité financière au détriment du développement humain. La déception est grande pour un grand nombre de nos concitoyennes et concitoyens, la Seine-Saint-Denis ayant été le deuxième département à voter majoritairement François Hollande. Nous étions en droit d'attendre du nouveau gouvernement une mobilisation qui soit enfin à la hauteur des besoins et des aspirations des habitantes et habitants. Or les politiques d'austérité du gouvernement touchent indistinctement les collectivités.

 

Des propositions alternatives crédibles existent. Elles doivent être mises à l’ordre du jour gouvernemental avec courage et détermination : retour à l’Etat des compétences de solidarité nationale, mise en place d’une péréquation horizontale alimentée par la taxation des actifs financiers à 0,3% (18Mds €) et la mise à plat des 30 milliards de niches fiscales, retour à une imposition des entreprises en lien avec le territoire, réforme de la fiscalité locale pour tenir compte des ressources de foyers….. Tout cela est de nature à opérer un véritable changement. La Gauche et ses électeurs doivent agir en se rassemblant afin de porter ces exigences. 

 

Elus du groupe « communiste, citoyen front de gauche pour une alternative sociale et écologique », nous nous sommes battus avec âpreté pour que le budget du Département soit un budget plus combatif, plus engagé contre la dégradation de vie des séquano-dionysiennes et séquano-dionysiens. Cette bataille n’a pas été vaine.

 

Nous avons exigé le maintien de lignes budgétaires dans tous les secteurs où les réductions budgétaires affaiblissaient de façon inacceptable les services rendus à la population. Pour une part nous avons été entendus. Nous avons également obtenu du Président du Conseil général, l’inscription de 40 millions d’euros de recettes attendues par le Département au titre du futur fonds de solidarité entre les départements franciliens. Notre bataille a également été celle de réduire une hausse de la taxe foncière initiale inscrite à hauteur de 7.5% pour la ramener à 5.9%. Encore une fois nous insistons notre objectif, notre seul objectif, était de préserver au maximum les services rendus à la population dans les domaines de l’emploi, de l’action sociale, de l’éducation, de la santé, des transports, de la culture et du sport et du développement durable.

 

Nous continuons de penser que ce budget n’est pas à la hauteur de la souffrance sociale qui s’exprime dans nos cantons. Tout cela ne suffit pas. L'Etat doit débloquer les moyens d’une véritable solidarité nationale pour venir en soutien à la Seine-Saint-Denis.

 

Malgré ces difficultés, nous avons décidé de voter ce budget. Nous respectons évidemment le vote de nos camarades qui ont choisi soit de s'abstenir, soit de voter contre. Nous comprenons la déception et la colère qui ont pu guider leur choix. Cependant nous estimons que la présence d'élus de notre groupe au sein de la majorité départementale est un point d’appui pour la défense des intérêts des séquano-dionysiennes et séquano-dionysiens. Les améliorations que nous avons obtenues à partir de nos propositions sont d’ailleurs une preuve de notre utilité et de notre efficacité.

 

Nous estimons également que faire tomber le budget du Département ne contribue en rien à améliorer le quotidien des populations. Aucun habitant d'aucune ville de la Seine- Saint-Denis n'en aurait tiré de bénéfice. Seules se seraient réjouies la droite et l'extrême droite qui y auraient trouvé matière à  renforcer leurs positions.

 

Nous estimons enfin que le premier responsable des politiques d'austérité c'est le gouvernement. Nous continuerons notre combat pour une alternative à l'austérité en participant à la campagne nationale qu'anime le Front de Gauche, dont notre parti le PCF est membre fondateur. Nous continuerons aussi de nous mobiliser au sein de la majorité départementale pour que notre collectivité obtienne ce que l'Etat lui doit et pour que ces moyens soient utilisés de la manière la plus efficace au service des habitants. 

 

 

 

Les Conseillers généraux du Parti Communiste Français-Front de Gauche

Josiane Bernard (Bagnolet)

Hervé Bramy (Le Blanc-Mesnil)

Belaïde Bedreddine et Jean-Charles Nègre (Montreuil)

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bacon 29/03/2013 07:16

La prestation du Président de la République d'hier soir ne vient que renforcer le caractère incompréhensible de votre vote au niveau du budget départemental.La ligne directrice est toujours et plus
que jamais l'austérité, qui, immanquablement est répercutée sur les finances locales, notamment sur des départements comme la Seine saint Denis.Dés lors, si les élus du front de gauche ne se
démarquent pas de cette ligne, qui le fera ?En Seine saint denis nous avions encore un rapport de force permettant de poser publiquement ce problème lors d'un acte fondateur de la vie politique
c'est à dire le vote d'un budget...Or, par votre vote, vous donnez un signal désastreux aux citoyens du 93 en approuvant au niveau local une orientation qui n'est que la conséquence de la politique
menée au niveau national. D'ailleurs, le Président de la République a pris soin , hier soir, de préciser qu'il n'était pas un Président socialiste.A titre accessoire, de mon point de vue, votre
vote est à l'évidence en contradiction avec le sentiment majoritaire des militants et sympathisants du fdg.Sauf à considérer qu 'en tant qu'élu, à l'exemple de François Hollande, vous estimez ne
plus avoir de compte à rendre à ceux qui vous ont précisément élu,votre vote, convenons en, est incompréhensible et en tout cas déstabilisant pour le modeste militant que j'étais redevenu.Plus
grave,il affectera immanquablement la dynamique du FDG sur le département alors que de nombreux citoyens, y compris des socialistes, sont de plus en plus critiques vis à vis des orientations
actuelles de la 2ème gauche actuellement au pouvoir...