C. Bartolone soumettra-t-il le service public départemental et les contribuables à "l'idéologie perverse" des Partenariats Public Privé ?

Publié le par Hervé Bramy

Les Conseillers généraux communistes ont refusé de siéger, ce dimanche, à la réunion du Conseil général convoquée dans l’urgence par son Président, Claude Bartolone.

Ils s’en expliquent dans le communiqué publié ce dimanche 17 octobre, rappelant qu’étaient étrangement balayées d’un revers de main leurs questions sur le dialogue démocratique avec l’ensemble de la communauté éducative et le coût de ces mesures pour notre collectivité et donc pour les contribuables.

La violence des propos de certains élus PS à l’égard des élus communistes confirme un embarras certain face aux questions mises en débat.

D’abord parce que les dépenses d’investissement en faveur des collèges ont beaucoup diminué depuis 2008, malgré l’existence d’un Plan Pluriannuel d’Investissement voté par l’assemblée départementale en 2007, et que des effets d’annonces valent mieux qu’un bilan contestable, marqué notamment par la suppression du financement de la Carte Imagin’R ou des ordinateurs pour les élèves de 6ème !

Entre 2001 et 2007, le Département (présidé par les communistes R. Clément puis H. Bramy) consacrait 41 M€ par an à l’investissement dans les collèges, contre 20 M€ par an depuis 2008.

Ensuite, parce qu’après avoir martelé que le Département était au bord du gouffre financier, C. Bartolone décrète "subitement" qu’il faut investir 702 millions d’euros dans les collèges, sans concertation avec la communauté scolaire (au point que le Conseil départemental de l’Education Nationale a refusé de voter en faveur de son projet) et sans étude d’impact sur les finances départementales et sur la fiscalité dans les années à venir !!!

De quoi légitimement s’interroger sur la crédibilité d’un tel projet... et s’inquiéter sur les déceptions qu’il pourrait nourrir !

Enfin, chacun prend bien soin d’esquiver les inquiétudes relatives au recours au partenariat public privé pour financer une partie des réalisations du Conseil général en matière de collèges.

Il faut dire que l’exercice imposé par le Président du Conseil général au groupe socialiste à ce titre relève du grand écart et que certaines couleuvres doivent avoir du mal à passer !

Souvenons-nous ainsi de quelques déclarations de dirigeants socialistes à l’égard des Partenariats Public-Privé : " Je dénonce l’idéologie perverse du système des PPP et insiste sur les dérives financières que cela entraînerait."dixit Jean-Jacques Urvoas (député PS).


L’ambition des PPP est de permettre aux « majors du BTP » de récupérer 15 % des 150 milliards d’euros annuels de commandes publiques. Aux seuls motifs d’aller plus vite et de ne pas endetter l’Etat ou les collectivités, ces PPP permettront à Bouygues et consort de s’émanciper des règles de la concurrence. Le sujet est donc lourd et il suscite une violente hostilité des PME, de l’ordre des architectes et de leurs syndicats, des géomètres, des entreprises de second œuvre… " dixit Jean-Jacques Urvoas (député PS).

"L’iceberg PPP de la dette n’est malheureusement pas soumis au changement climatique, il grossit, et sa part immergée augmente de façon exponentielle, se chiffrant en milliards voire en dizaines de milliards d’euros chez les grands pays européens." (dixit la section socialiste d’Orléans).

Le choix idéologique du PPP est un constat d’échec car nos voisins ont, eux, réussi à développer leurs infrastructures avec la solidarité nationale. (PS - Fédération de l’Aveyron)

Des critiques largement partagées par les élus communistes, bien décidés à ne pas laisser les majors du BTP décider de l’avenir des équipements scolaires et des finances départementales.

Cette posture visant à favoriser l’intrusion des grands groupes privés dans le service public doit également inquiéter celles et ceux qui n’en peuvent plus des privatisations rampantes, des réductions de dépenses publiques et des RGPP impulsées par les Sarkozy, Attali, et Consorts.

Elle porte évidemment un coup terrible à la crédibilité d’une alternative en 2012 si la gauche n’est pas capable d’impulser - là où elle est aux commandes - des politiques de résistance aux logiques ultralibérales.

C’est pour cette raison qu’au-delà des manoeuvres et des petites phrases bien éloignées des intérêts de la jeunesse, les communistes vont poursuivre et amplifier le débat sur ce sujet. Avec les premiers intéressés : parents d’élèves, enseignants, et contribuables... à qui C. Bartolone a déjà imposé une augmentation de 13 % de la fiscalité départementale ces 2 dernières années.

 

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