Classement des lycées : un grosse ficelle contre le service public de l'Education nationale

Publié le par Hervé Bramy

A quelques semaines du baccalauréat et alors que tous les enseignants de tous les cycles dénoncent la casse de l’éducation nationale ressort opportunément dans les médias, le classement des lycées. En tête, bien sûr, les établissements privés. La ficelle est un peu grosse, qui mêle indifféremment publics et privés au bénéfice de ces derniers. Ce classement est un renfort de choix pour ceux qui ont supprimé la carte scolaire: les parents ayant, en apparence la liberté d’inscrire leur enfant  où ils veulent, il est logique de les informer sur les « performances » des établissements. Quelle illusion, comme le souligne la FSU ! Cette mécanique ne fait qu’accroître la sélection en instaurant une concurrence entre les établissements au détriment des élèves les moins favorisés.

Ce classement loin d’être un outil de connaissance sert à masquer la réalité : la réussite scolaire dépend des moyens dont les établissements disposent en budget, en  personnels qualifiés (enseignants, éducateurs, surveillants), en outils pédagogiques, du nombre d’élèves par classe. Les lycées privés en tête de liste, ont bien sûr réglé le problème : vous payez (cher) et vous avez un très bon cursus ! Cette politique est la même que pour la santé : d’un coté le gouvernement mine l’hôpital public, de l’autre il est bienveillant pour les hôpitaux privés. Discréditer le service public en le sabotant, quelle meilleure tactique pour faire passer l’idée que « le public » c’est ringard ?

Pour autant les fonctionnaires ne baissent pas les bras. Par exemple les enseignants sont acharnés à défendre le service public de l’Education Nationale et la réussite de tous les élèves. A l’image du lycée Adolphe Chérioux à Vitry ou bien ici à Blanc.Mesnil où les professeurs et les parents d’élèves du collège Mandela appellent à bloquer le collège , le 4 mai, pour le remplacement des professeurs absents et contre la suppression  annoncée, de 33 heures à la rentrée 2010.

Finalement ce classement ne parvient pas à cacher l’essentiel : la réussite éducative est une affaire de justice sociale : les lycées les moins bien classés sont ceux où il y a le moins de moyens tant pour les élèves et leurs familles que pour les écoles elles-mêmes. Si le président de la République veut être le républicain qu’il prétend, il doit doter plus les établissements qui ont moins et doit faire un vrai budget pour l’école publique. Liberté, Egalité, Fraternité ? Chiche !


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