Départ de Copenhague

Publié le par Hervé Bramy

Dimanche 13 décembre 2009.
U
ne bonne nuit réparatrice a permis, après cette belle et grande manif jusqu’à Bella Center -pas moins de 6 km dans le froid, lire à ce propos le compte rendu de Gaël De Santis dans l’Humanité http://www.humanite.fr -, d’être au rendez-vous du groupe de travail des délégations du PGE. Il s’agit d’élaborer et de soumettre à l’ensemble des délégations un projet de communiqué suite à notre analyse de l’avancée des négociations. C’est chose faite à 13h non sans âpres débats en français  et en anglais (le mien est très approximatif pour ne pas dire moins). Dire l’essentiel de ce qui nous rassemble afin de s’adresser collectivement à nos populations est un défi tant les réalités et les positionnements politiques peuvent sur certains sujets diverger. Je pense notamment aux enjeux de la politique énergétique mais pas seulement car notre camarade Helmut du DKP, physicien de profession, souhaitait vivement que nous exigions un montant financier d’aide aux pays du sud trois supérieur aux 120 Md € que nous exigeons en France ; chiffre déjà supérieur à celui de l’ONU (100 Md €). Finalement la raison l’emportera mais Helmut nous est redevable d’une note afin de nous expliciter sa thèse. Avec nos amis belges du PCB, de Die Linke, de Christine Mandelson membre du secrétariat du PGE pour le PCF et de Pierre Laurent coordinateur national du PCF nous parvenons à la rédaction d’un texte offensif et rassembleur.

Nos camarades grecs, de l’Alliance Rouge/Verte, finlandais après quelques amendements de précis
ion validaient ce texte présenté aujourd’hui sur le site du PCF http://www.pcf.fr et que vous trouverez ci-dessous.

 

Ensuite tout a été très vite car la délégation française repartait à 16h pour attraper l’avion de 18h. Donc un bref passage au Klimaforum où j’ai assisté à une conférence en français sur les enjeux énergétiques à l’initiative de l’association Négawatts qui formule une thèse de sortie du nucléaire à l’appui de très nombreuses analyses. C’est très intéressant mais dans le même temps je ne suis pas entièrement convaincu. Une telle ambition demande bien plus que les seules deux heures d’exposés auxquels j’ai assisté. En effet, si le projet, dans sa présentation, interroge parce qu’il n’a rien de radical et ne peut s’envisager que de façon démocratique pour éviter un schéma énergétique dictatorial pour l’avenir ; bien des zones de la démonstration mériteraient de sérieux approfondissements. J’aurais l’occasion d’y revenir à d’autres moments car si nous voulons atteindre les objectifs du GIEC en matière de lutte contre les émissions de Gaz à Effet de Serre (GES) il nous faudra bien débattre de la politique publique énergétique que nous devrons promouvoir. Quelques mots encore pour dire que d’autres intervenants nous ont présenté l’activité citoyenne relative à ces mêmes enjeux. Je me dis que nous devrions nous inspirer de leur démarche participative pour étayer nos propres thèses en la matière en s’attachant par exemple à donner des suites à notre atelier du 15 octobre dernier « Est-il trop tard pour le climat » dont vous trouverez également la synthèse sur le site du PCF.

 

A 17h précises nous sommes à l’aéroport pour rejoindre Paris. Cela aura été vite, trop vite… Même pas le temps d’aller saluer la sirène du port de Copenhague. Dommage. Cela sera pour une trop fois…

Copenhague Urgence politique

 


 

Les délégations de la Gauche Européenne ont participé à la manifestation “System change, not climate change” (Changer le système, pas le climat) qui a réuni 100.000 personnes le 12 décembre 2009 à Copenhague pour faire pression sur les chefs d'état. Cette manifestation exprime l’exige

nce populaire d’un accord fort. Elle montre la montée en puissance de l’idée que la justice climatique passera forcément par plus de justice sociale et la prise en compte du point de vue des pays du Sud qui sont les premières victimes du réchauffement climatique. 

 

Dans le même temps, les textes actuellement en débat au sein de la COP 15 (Conférence des chefs d'état) sont d’une tiédeur extrême : aucun engagement financier ou des sommes dérisoires, pas d’accord sur une limitation du réchauffement à 1.5° comme le propose des petits pays insulaires soutenus par une centaine de pays en développement, pas d’accord juridiquement contraignant, risque que les États-Unis se mettent à part du reste du monde. Déjà les pays du Sud rejettent tout accord sur la base des documents actuels. 

 

Le risque est donc grand que le sommet accouche d’une simple déclaration politique qui ne sera qu’un catalogue de bonnes intentions et pas un accord ambitieux et contraignant. 

 

Pour les délégations de la Gauche Européennes présentes à Copenhague, un bon accord devra inclure tous les pays, être chiffré et juridiquement contraignant. Nous rappelons que notre demande est la réduction de 40% des émissions de CO2 (par rapport à 1990) d’ici 2020 dans les pays développés et que nous sommes opposés à la marchandisation du droit de polluer.  Nous sommes pour un soutien financier et technologique aux pays en voie de développement qui pourrait être géré par l’ONU. Pour financer ces mesures de transformations, nous proposons la réduction des dépenses militaires et une taxation des transactions financières.

 

Nous sommes attachés à deux principes fondamentaux :  celui de responsabilité commune mais différenciée qui souligne la responsabilité historique des nations industrialisées et le droit des pays pauvres de se développer tout en prenant en compte l’urgence climatique actuelle, et le droit à l’énergie propre pour toutes et tous (dans le cadre d’un développement soutenable et solidaire).

 

C’est pourquoi, notamment au niveau européen, nous sommes pour un secteur énergétique public fort, le développement des transports en commun et du fret ferré ainsi que l’isolation massive des bâtiments. Ces transformations ne pourront être obtenues sans une pression populaire sur les institutions européennes et la remise en cause d’une série de règles imposées par le Traité de Lisbonne.

 

Pour relever le défi devant lequel nous sommes, et initier une alternative réellement écologique, il faut sortir au minimum les biens communs de l’humanité du capitalisme.

Le 13 décembre 2009 - Les délégations de la Gauche Européenne présentes à Copenhague

 

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