En Seine Saint Denis la culture ne serait elle plus en danger ?

Publié le par Hervé Bramy

 

      On se souvient du vibrant appel, « La culture en danger » lancé en 2009 par le nouveau président du Conseil général  dénonçant à juste titre, les coupes du gouvernement Sarkozy dans le budget de la culture. Plusieurs d’entre nous avions répondu présents au côté de Jack Ralite. (Lire à ce propos mon précédent article du 10 janvier 2010). Depuis il semble que l’eau passée sous les ponts ait emporté ces belles résolutions. Pardonnez moi ces propos un peu acides mais à la lumière des derniers actes de la présidence socialiste du Conseil général, il est permis de se poser la question.  Notre groupe au Conseil général a d’ailleurs mis en exergue cette atteinte au droit à la culture pour tous lors de la séance consacrée au budget 2012.

     Il en est ainsi en ce qui concerne le cinéma public, c’est à dire les salles de cinéma qui sont aidées voire financées par les collectivités, et sans lesquelles l’offre cinématographique se réduirait aux blockbusters type…

    Le Conseil général, arguant de difficultés financières réelles, a pris, dans un premier temps, la décision d’abroger la délibération de 2006 qui prévoyait un soutien à l’investissement de 15% du coût, pour la modernisation des salles de cinéma public dans notre département. Aujourd’hui cette aide est réduite à un maximum de 500 000 euro étalée sur 10 ans. S’il y avait trente salles candidates on comprendrait mais pour l’instant il n’y a que trois cinémas qui ont déposé un dossier. Et encore, même avec une telle restriction le soutien tarde  à se manifester. Mais tout cela c’était avant la toute nouvelle décision du Président du Conseil général de décréter un moratoire de trois ans pour toutes les demandes de subvention d’investissement culturel n’ayant pas été délibérée avant 2012. Manque de chance cela concerne le Louis Daquin au Blanc Mesnil. Pourtant, la ville du Blanc Mesnil a déposé un dossier pour le cinéma Louis Daquin en juillet 2008…. et après 8 courriers de relance toujours pas de réponse. Silence également incompréhensible quand deux grands groupes cinématographiques déposent des permis de construire pour deux multiplexes (26 salles) au nord du département.

     On  connait le Conseil général et son président plus réactifs ; par exemple pour conclure avec des grands groupes du bâtiment des contrats de partenariat public-privé pour douze collèges : en quelques  mois l’affaire est faite et la dette du Conseil général augmentée de plus de 700 millions d’euro. Mais chacun sait qu’ici en Seine Saint Denis la culture se porte bien : pourvu qu’on la sauve !

Commenter cet article