La culture n'est pas à vendre

Publié le par Hervé Bramy

IMG_0048.jpegPlus de 4000 acteurs culturels de tous bords rassemblés le 29 mars place du Palais Royal pour exiger des moyens pour la culture, un beau rassemblement pour marquer le retour du printemps. Musiciens, acteurs, chanteurs, plasticiens, metteurs en scène, directeurs d’équipements culturels, élus, simples amateurs ont ainsi répondu à l’appel de la CGT, du Syndéac, de l’UFISC soutenus par le PCF. De très graves menaces pèsent en effet sur le tissu culturel français avec la politique du gouvernement. Ainsi outre des pratiques aussi démocratiques que la nomination directe par l’Elysée des présidents de France Télévision et de Radio France ou la suppression sans débat parlementaire de la recette publicitaire pour le télé, c’est aujourd’hui la tentative d’interdire aux collectivités toute action en matière de culture. En effet, à travers la réforme des collectivités territoriales qui supprime la compétence générale pour les collectivités et les maintient dans le strict périmètre de leurs compétences obligatoires, empêche ces assemblées souveraines, élues par le peuple, d’intervenir dans des domaines aussi divers et cruciaux que l’éducation, l’emploi, la culture, la jeunesse, les loisirs, l’action économique. A cela s’ajoute la baisse des recettes avec la suppression de la taxe professionnelle dont on ne sait aujourd’hui comment elle sera compensée. Bien sûr tout cela s’applique dans le cadre de la révision générale des politiques publiques qui contingente encore un peu plus l’action culturelle du gouvernement. Ce qui n’empêche pas de créer un conseil de la création artistique présidé par le Président himself, conseil qui sous la houlette désintéressée de Martin Karmitz (celui qui porte plainte contre le cinéma public comme le Mélies) siphonne le budget déjà bien maigre du ministre de la culture . J’ai donc tenu à être présent dans ce cortège parce que le tissu culturel déchiré par cette politique, ce n’est rien moins que l’impossibilité pour la Seine Saint Denis d’avoir des médiathèques, des théatres , des salles de musiques, des conservatoires. J’ai aussi tenu à être présent au côté du collectif culture 93 qui alerte depuis plusieurs mois sur les hypothèses de coupe sombres dans les budgets publics en particulier dans le budget du Conseil Général de la Seine Saint Denis. Son Président Claude Bartolone ne faisant pas mystère de la diminution, quand ce n’est pas la suppression, des subventions publiques pour de grandes associations départementales comme le centre du livre de jeunesse ou l’association Chroma qui porte le projet Zebrock. Evidemment le Conseil Général n’échappe pas à tout ce que j’ai énoncé plus haut mais la solution ne réside pas dans des aménagements budgétaires ou des redéploiements entre les acteurs culturels. Il s’agit de susciter le plus grand rassemblement et d’imaginer des actions associant citoyens, acteurs culturels élus pour reposer avec force la question du maintien de la politique publique en matière de culture.

Publié dans Seine-Saint-Denis

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