Le Gouvernement veut mettre les collectivités locales à genoux!

Publié le par Hervé Bramy

Nouvelle-image.JPGNous ne sommes pas les "Bourgeois de Calais" qui, pendant la Guerre de Cent ans, ont décidé de s’offrir en sacrifice au Roi d’Angleterre, Edouard III, pour sauver leur ville assiégée et affamée.

Le jeudi 28 janvier, nous nous sommes rendus devant le musée Rodin, Rue de Varennes, où est exposée une sculpture de Rodin, inspirée de ce fait historique. A proximité de Matignon nous avons demandé à être reçus par les services du 1er Ministre. Drapés de nos robes de bure, nous avons semble-t-il inquiété la République car finalement nous avons été reçus sur le trottoir par un émissaire du commandant en chef du cabinet militaire du 1er ministre ….

Toutefois nous aurons réussi à montrer notre détermination à ne pas remettre les clefs d'un Département que l'Etat veut mettre au pas! Voici ce que nous avons déclaré sur place :

« Nous ne voulons pas nous rendre. Nous résistons, comme le font certains Présidents de Conseils Généraux, à la mise à mort de notre, (nos) Département(s). »

Le Président du Conseil Général de la Seine Saint Denis tente d'équilibrer son budget 2010. Pour nous c'est impossible! Comment faire alors que l’Etat étrangle les collectivités pour leur faire rendre gorge! Tous ces transferts de charges non compensés alors que les besoins explosent et que les recettes baissent! Toutes ces décisions prises "en haut", sans un regard sur leurs conséquences pour la vie de celles et ceux qui souffrent!

 

Aujourd'hui il "manquerait" plus de 100 M€ pour boucler le budget de la Seine-Saint-Denis… Et l'Etat nous doit… 640 M€ ! Il ne faut pas céder!

 

La taxe professionnelle, seule contribution des entreprises à l'effort collectif local, et qui est notre principale ressource, vient d'être arbitrairement supprimée. (Entre 10 et 20 M€ de recettes en moins). Pire, une aberration fiscale, nous oblige à rembourser 36 M€ au titre du ticket modérateur qui limite la contribution fiscale des entreprises!

 

C'est clair! Le Gouvernement pousse les collectivités territoriales à réduire leurs champs d’interventions pour devenir des exécutants de ses politiques de rigueur pour la population et de libertés totales pour le privé et les plus aisés. En nous coupant les vivres il cherche à ce que nous supprimions toutes nos actions, utiles et reconnues,  dans les domaines de l’accueil de la petite enfance, de l'environnement, du sport, de la culture, du développement économique…

 

Elle n'est pas justifiée la carte Améthyste qui permet aux retraités de se déplacer à "très bas coût"? Ils sont inutiles les ordinateurs pour chaque élève qui entre en 6ème (et qui permettent aussi de réduire la fracture numériques pour des milliers de familles)? Ce n'est pas opportun de permettre à plus de collégiens de fréquenter la cantine? C'est superflu de rembourser la moitié de la carte Imagin’R pour les jeunes Séquano-dionysiens… ? Et toutes ces démarches, ces évènements, ces lieux culturels et sportifs… c'est trop beau pour nous, pour notre jeunesse…?

 

Nos actions "obligatoires", notamment en matière sociale sont, elles aussi, menacées!

 

C’est inacceptable! Couper plus dans nos dépenses utiles, comme le préconise le Président du Conseil général, ce serait renoncer à tenir tête au Gouvernement et cautionner le démantèlement des services publics.

 

 

Toutes ces mesures que nous avons prises, alors que nous présidions le Conseil général, nous n'accepterons pas d'en priver la population!

 

Pour nous, c’est tout simplement inenvisageable tant les conséquences sociales seraient profondes et irréparables.

 

Nous refusons de mettre nous-mêmes en œuvre la politique de Nicolas Sarkozy.

 

Assez de rigueur pour la population alors que la bourse et les dividendes des actionnaires atteignent des sommets! La solution est dans la résistance et dans l’action avec la population. Les 640 Millions d'€ que l'Etat doit a la Seine Saint Denis doivent servir à équilibrer notre budget départemental!

 

L'Etat doit assumer sa responsabilité juridique et républicaine.

 

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