Moraliser le capitalisme disaient ils !

Publié le par Hervé Bramy

On se souvient du président de la République qui nous promettait cette belle perspective au lendemain de la crise financière de l’été 2008. On se souvient aussi du directeur du FMI annonçant en double page du Parisien la reprise de la croissance pour 2009. Message subliminal pour le bon peuple : soyez patients, ne vous précipitez pas vers celles et ceux qui veulent  tout changer et en particulier la construction européenne, nous travaillons pour vous , tout va s’arranger. Las, deux ans plus tard patatras !ça continue encore et encore comme le chante Cabrel.

Voilà que l’on apprend que la famille Bettencourt toujours très au fait des perspectives offertes par la fiscalité française va pouvoir, grâce à sa malice, défalquer de sa feuille d’impôts un chèque de 341 millions d’euros ; ça c’est de la prime ! C’est quand même autre chose que ces malheureux 1000 euros dont on peine à savoir qui finalement pourra en bénéficier surtout depuis que Mme Parisot a expliqué à ce bon Nicolas combien cela risquait de pénaliser la compétitivité de nos entreprises. C’est sûr, on ne peut pas à la fois accorder 1000 euros aux salariés de L’Oréal et en même temps  protéger les dividendes de Mme Bettencourt, il faut être raisonnable si on veut s’en sortir tous ensemble. C’est d’ailleurs ce que dit le premier ministre portugais à ses concitoyens en négociant un plan d’aide avec le FMI pour renflouer son système bancaire : il faut accepter les privatisations du secteur public qui coûte trop cher, la baisse des salaires des fonctionnaires et la révision des retraites. Curieusement d’ailleurs, on entend peu parler de la situation de la Grèce qui s’est vu sommée d’appliquer les mêmes recettes. Pourtant il y a le feu au Parthénon.

Le journal Le Monde peu suspect de complaisance révolutionnaire trahit pourtant (malgré lui ?) dans un article du 3 mai l’inefficacité des recettes du FMI : Pour les investisseurs traditionnels, les obligations émises par certains Etats de la zone euro  sont devenues trop risquées. Comme le dit l’un d’eux « nous estimons que d’une manière générale, les sociétés privées sont en meilleure santé que les Etats ». C’est bien là le fond du problème : la richesse va dans la poche des actionnaires, la dette publique se creuse et c’est aux salariés de la financer. Après cela il ne faut pas s’étonner du slogan repris avec force par les 7 millions de manifestants contre la réforme des retraites : de « l’argent il y en a ! ...dans les poches du patronat ! »

Aujourd’hui encore plus qu’hier il s’agit donc de se rassembler pour battre cette logique prônée par le FMI et le pacte euro+ : les citoyens travaillent, produisent et les actionnaires encaissent.

Pour notre part c’est l’un des axes de ce que nous voulons faire avec le Front de Gauche : réorienter les richesses vers le travail et non vers le capital tout en s’appuyant sur un mode de développement respectueux des humains et de l’écologie. Avec vous, ensemble on peut y arriver, il faut y arriver. Il n’y a pas d’autre voie de progrès pour notre pays !

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