Non à la fermeture du site industriel SANOFI-AVENTIS à Romainville

Publié le par Hervé Bramy

Alors que le groupe engrange, à travers le monde, profits sur profits de la vente des médicaments créés et produits par les salariés, ces derniers, ici à Romainville, font les frais de la stratégie financière des actionnaires.

Ils achètent dans le monde et ferme le site de Romainville ! Pour la direction de Sanofi-Aventis, chaque être humain est un client potentiel. C’est pour cette raison que le groupe achète des entreprises dans le monde comme Chattem aux Etats-Unis et investit, avec pour seule ambition de nouveaux profits juteux, dans les pays émergents tels la Chine, le Brésil ou l’Inde : « 5,7 milliards de personnes que le groupe n’a jamais véritablement ciblées en tant que clients » indique-t-il avec un cynisme sans mesure !

Malgré l’impact des génériques « le groupe a su faire croître son chiffre d’affaires au premier semestre » et même au second, déclarait Chris Viehbacher, Directeur Général de Sanofi-Aventis dans un entretien, le 29 juillet dernier, au journal interne de l’entreprise..

100%, c’est l’augmentation du dividende versé pour chaque action de la société entre 2003 et 2008. 40%, c’est la part des profits engloutis par les actionnaires (soit 2,8 milliards d’euros) pour la seule année 2008 !

Chris Viehbacher précise : « Bien entendu notre bénéfice s’est accru…grâce à des mesures rigoureuses de contrôle des coûts ». « Nous avons décidé de réduire le nombre de nos sites de 28 en 2009 à bientôt 16 en 2011 ».

Ce sombre tableau déjà présenté, début juillet, à grands renforts de communication aux élus locaux et à la représentation nationale, est scandaleux et inacceptable !

Le site de Romainville figure sur la liste ainsi que ses 211 salariés alors que le groupe s’était engagé à maintenir les sites et l’emploi en France lors de la fusion Aventis-Sanofi en 2004 avec la caution du ministre de l’industrie de l’époque, Nicolas Sarkozy, invoquant alors le maintien du potentiel national mettant l’innovation au cœur.

Les salariés luttent pour la sauvegarde de leurs emplois et pour le maintien du site industriel de Romainville : ils ont raison !

Avec la fermeture du site de Romainville c’est une nouvelle entreprise industrielle de la chimie qui disparaitrait en Ile-de-France. Or l’avenir d’un pays, sa vitalité économique et sociale ne peuvent se concevoir qu’avec l’existence d’une production industrielle. Sinon il devient non seulement dépendant mais il brise également son développement, réduit à néant la créativité de ses salariés.

En fermant le site de production de Romainville, avec l’approbation du gouvernement, la direction de Sanofi-Aventis prend la responsabilité d’un énorme gâchis.

C’est pourquoi les communistes de Seine-Saint-Denis et leurs élus soutiennent la lutte des salariés de Romainville. Ils interpellent, une nouvelle fois, le gouvernement, le Préfet et la direction du groupe afin que tout soit mis en œuvre pour stopper ce désastreux projet pour l’économie de notre département. Il est encore possible de mettre en œuvre un autre projet industriel.

Il n’y a pas de fatalité à la fermeture du site de Romainville. C’est une question de volonté politique.

Travailler c’est exister socialement. C’est encore plus vrai lorsque la finalité de sa production concerne la santé des êtres humains.

Or sur la planète les besoins de production de médicaments à faibles coûts sont immenses pour permettre un véritable droit aux soins ; mais cela s’oppose à la marchandisation de la santé décidée par les actionnaires du CAC 40. Ces derniers n’ont aucune considération pour les salariés bien que ce soit leur travail –de l’ingénieur, à l’ouvrier de production - qui ait permis d’en faire une des plus grandes multinationales de la pharmacie.

Les médicaments ne sont pas des "marchandises comme les autres" et les brevets devraient être une propriété de l’humanité. Or la course au profit conduit à la guerre économique entre les groupes pharmaceutiques afin de rentabiliser, au plus vite, les coûts de Recherche&Développement, tandis que les salariés sont mis en concurrence à l’échelle du monde.

C’est cette logique qu’il faut inverser en ouvrant les portes à une alternative politique et économique au libéralisme. C’est le sens de leur engagement dans l’élaboration d’un pacte d’union populaire. Les communistes sont disponibles pour travailler avec toutes celles et tous ceux qui partagent cette ambition.

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article