Pourquoi je signe l’appel « la culture en danger »

Publié le par Hervé Bramy

Lors de ma présidence du Conseil général de Seine Saint Denis, j’ai initié l’appel « agir ensemble pour la culture en Seine Saint Denis » signé par plus de 3000 citoyennes et citoyens de Seine Saint Denis et d’ailleurs, convaincus que l’action culturelle publique ne devait pas faire les frais de l’incurie de la politique gouvernementale d’alors en matière de lien social.

Aujourd’hui la réforme programmée des collectivités territoriales, avec la suppression de la taxe professionnelle, vient s’ajouter à la baisse des ressources du département, amplifiée par les transferts de charges non compensés que je dénonçais dès 2005 : RSA, RMI, intégration de la DDE, reprise des routes nationales, etc.

Cette situation garrotte le budget départemental pour contraindre de choisir  entre la baisse des dépenses publiques, par la suppression de tout ce qui n’est pas obligatoire, ou le maintien de ces services en faisant payer plus à la population, la plus pauvre de notre pays. Et bien sûr, dans un tel contexte, c’est ce qui semble le moins utile qui serait réduit voire détruit : les dépenses culturelles par exemple.

Je me réjouis, qu’aujourd’hui, l’actuel Président socialiste du Conseil Général de Seine Saint Denis dénonce cette attaque pernicieuse contre la culture et la popularité des équipements culturels. Cela n’a pas toujours été le cas mais c’est du passé.

Fidèle à la ligne de conduite qui est la mienne, je pense plus que jamais que la culture et une politique publique culturelle audacieuse et résolue sont emblématiques d’une vision progressiste de la société. Et s’il faut justifier de leur utilité, je me souviens de cette phrase d’Albert Camus «  tout ce qui dégrade la culture raccourcit le chemin qui mène à la servitude ». Par les temps qui courent, où l’obscurantisme et les idées xénophobes trouvent des terrains favorables jusque dans les institutions, l’accès de toutes et tous aux oeuvres de l’esprit ne peut que nous aider.

Je signe donc l’appel « la culture en danger » (lorsque l’orage menace, l’intérêt général prime) comme je maintiens, aux côtés des acteurs culturels du département la demande d’un moratoire pour les crédits de la culture dans le budget départemental.

Le Président de la République semble un peu revenir sur sa position puisqu’il annonce le dégel des crédits d’Etat pour la culture et le maintien de la compétence culturelle pour les collectivités.

Sans doute faut il y voir là le fruit des nombreuses initiatives prises en ce sens. C’est une raison supplémentaire d’amplifier la bataille pour obtenir un engagement de l’Etat à la hauteur des besoins. Vous pouvez compter sur moi pour en être.

Hervé BRAMY,
Conseiller Général de Seine Saint Denis
Président du Conseil Général de Seine Saint Denis de 2004 à 2008
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