Voeu contre le plan dit « d’aide à la Grèce »

Publié le par Hervé Bramy

 

Lors de la séance du Conseil général du jeudi 20 mai, avec mes collègues du groupe communiste et citoyen pour une alternative à gauche nous avons présenté un voeu contre le plan dit « d’aide à la Grèce »


Ce voeu a été adopté sachant que les conseillers généraux socialistes ont refusé de participer au vote et que les conseillers généraux de droite ont voté contre.

 

Le plan « dit » d’aide à la Grèce, adopté par l’Assemblée Nationale, vient, une fois de plus au secours des banques et des marchés financiers. La crise a une nouvelle fois « bon dos » et permet de faire encore payer une population déjà lourdement endettée et fortement touchée par le chômage.

 

Ce plan pharamineux de 750 milliards d’euros est une vaste hypocrisie. Car enfin qui sont les véritables responsables d’une telle déroute ? Ceux-là même que l’Union Européenne et le FMI soutiennent aujourd’hui ! A savoir des banques et des marchands d’armes qui, via un Gouvernement grec corrompu, toucheront finalement le gros lot espéré. Ce plan va donc permettre à un système directement responsable de cette dramatique situation de perdurer et de continuer d’accabler les populations.

 

Ainsi, malgré le dit « plan d’aide », les citoyen-ne-s grec-que-s vont devoir faire face à une politique d’austérité et à un recul très important de leur niveau de vie, ou peut-être devrait-on parler ici de survie : passage de 21 à 23% de la TVA, hausse de 10% des taxes sur l’essence, hausse de 20% de l’impôt foncier, réduction de 30% du salaire minimum (actuellement à 740 euros bruts !), élargissement du droit de licenciement…

 

A n’en point douter, la crise est en fait le prétexte rêvé pour finir d’imposer en Europe la logique dévastatrice du libéralisme. Les plans dits « d’aide » successifs ne sont en fait destinés qu’à privilégier le profit au dépends de l’Humain. Ainsi se glisse subrepticement dans l’inconscient collectif, l’indéniable conclusion que les plans anti services publics, anti emplois publics, anti acquis sociaux de tous ordres sont inéluctables pour sortir de la crise alors qu’ils sont à son origine.

 

Ces conditions sont inacceptables et ne supportent pas d’être considérées avec légèreté. Il faut les refuser en bloc. En ce domaine, la demi-mesure n’est pas permise.

 

Cette logique consiste à pousser encore et encore les sacrifices de la population alors que les Etats favorisent les dérives qu’ils feignent au final de dénoncer ! Où sont ces fameux risques qui servent de justification aux profits juteux que la finance confisque à l’intérêt général ? Nulle part, puisque ce sont les travailleurs, les familles, les artisans et petits commerçants qui paient, toujours !

 

 

Notre département, pourtant en difficulté sur le plan budgétaire, est lui aussi victime de cette scandaleuse logique. L’Etat, alors qu’il nous étrangle, nous dirige vers des choix d’austérité en direction de notre population, dont nous connaissons toutes et tous, les grandes difficultés. A notre échelle comme à celle de l’Europe, nous ne l’acceptons pas ! Il est impensable de courber l’échine devant un gouvernement qui a versé, en 2008, 360 milliards aux banques sans contrepartie (auxquels il faut aujourd’hui ajouter une garantie de 88 milliards d’euros dans le cadre du plan dit « d’aide à la Grèce ») et a mis en place le bouclier fiscal, tant décrié aujourd’hui.

Nous ne pouvons accepter ce système injuste qu’il s’agisse de la Grèce comme de la Seine Saint-Denis.

 

 

Il faut bien sûr un plan d’aide en faveur de la Grèce mais d’une toute autre nature que celui adopté par l’Assemblée Nationale il y a quelques jours.

 

Nous avions proposé, il y a déjà plusieurs mois, la création d’un fonds d’aide et de solidarité européenne, dont le principe est jusqu’ici contraire aux directives du Traité de Lisbonne. Alors que la Banque Centrale Européenne se refusait hier à venir en aide aux pays de la zone euro, ce que nous condamnions, elle est pourtant sortie du cadre du Traité en procédant au rachat d’obligations d’Etats européens. Cette intervention met en évidence la nécessité d’une réforme radicale de ce Traité et du contenu de la politique européenne dont la preuve de leur faiblesse et de leur inefficacité est à présent indéniable.

 

Nous souhaitons que cette révision permette de créer une agence de notation et un fonds d’urgence européens qui ne soient en aucun cas destinés à venir en aide aux banques mais à financer de véritables programmes d’alternatives politiques, sociales et écologiques pour les pays européens en difficulté.

 

La Banque Centrale Européenne, elle aussi, doit faire l’objet d’une véritable remise en plat puisqu’elle a, en effet, accordé des prêts gigantesques à seulement 1% d'intérêt aux banques qui les prêtent à des taux de 4 à 8 % à la Grèce. C'est scandaleux! La Grèce doit bénéficier de taux n'excédant pas 1% et l'Europe doit lui garantir le maintien des droits sociaux, de l'emploi et des services publics.

 

Nous demandons également la création d’une taxe sur les mouvements de capitaux, la possibilité d’établir de négocier des prêts à long termes et sans intérêt avec des pays hors zone euro disposant de fonds souverainsCette dernière mesure permettrait ainsi de s’extirper de la dépendance des banques et des réseaux financiers.

 

Enfin, nous demandons la réduction du budget militaire grec, qui s’élève aujourd’hui à 20 fois le PIB du pays.

 

Considérant que le plan dit « d’aide » à la Grèce est d’abord destiné à secourir les banques les marchés financiers, les marchands d'armes.

 

Attendu que le plan d’austérité imposé à la population grecque est injuste et pourrait avoir des conséquences très graves sur les conditions de vie de cette dernière,

 

Attendu que nous rejetons en bloc le principe que seule la logique libérale peut permettre de combattre la crise,

 

Considérant que d’autres solutions existent pour venir en aide à ce pays, et à tous ceux qui se trouvent ou pourraient se trouver dans une situation aussi précaire, et que ces solutions ne figurent pas au plan d’aide voté il y a quelques jours par l’Assemblée Nationale, l'Assemblée Départementale du Conseil général de Seine Saint Denis réunie ce jeudi 20 mai 2010, directement concernée par cette politique de destruction des services publics, se prononce pour un autre plan d'aide à la Grèce que celui voté par l'Assemblée Nationale Française dans la nuit du 3 au 4 mai 2010 et par l’Union Européenne le lundi 10 mai 2010.





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